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Le bonheur ne tient qu'à un bon épisode.

The Leftovers, saison 2 : chronique d’un virage à 180 degrés majestueux.

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La saison dernière, The Leftovers a fait beaucoup de bruit. Le format 10 épisodes de HBO n’a laissé personne indifférent, générant même des commentaires extrêmes de la part des détracteurs, ou de ceux qui, simplement, ne comprennaient pas la démarche créative de Tom Perrotta, auteur du roman qui a inspiré la série et Damon Lindelof.

Le pitch, rappelez-vous, avait de quoi surprendre : la série racontait la vie de Mapleton, petite ville près de New York qui tentait de se recontruire après les Sudden Departures, phénomène inexplicable qui avait vu disparaître certains de ses habitants, comme partout dans le monde. En dix épisodes, on se penchait sur un certain nombre de personnages, entre ceux qui avaient presque tout perdu, ceux qui trainaient la culpabilité d’être toujours là, et ceux qui, simplement, essayaient de reprendre le dessus, et enfin ceux qui, radicaux, avaient décidé de créer une sorte de secte, les Guilty Remnants, habillés en blanc, silencieux, la cigarette à la bouche, et étaient là spécifiquement pour que le traumatisme ne guérisse jamais et que personne n’oublie les disparus. Chaque épisode racontait un personnage, et son trouble pour reprendre le cours de son existence, laissant des marques et des cicatrices psychologiques insondables.

En tant que spectateur, regarder The Leftovers relevait du challenge, parce que le ton était cru, les personnages, a vif, et le deuil impossible était au coeur de chaque épisode, laissant finalement très peu d’espoir de renaissance ou de redemption. C’était ce qui avait divisé, à l’époque, tant la noirceur du propos relevait presque de la torture psychologique. La série n’était pas vraiment à prendre légèrement, et chaque semaine de l’été 2014, on en prenait pour une heure belle, diviniment écrite, mystérieuse à souhait, accompagnée de la BO de Max Richter qui tenait du sublime, mais on en prenait surtout plein la tronche, sans savoir si les personnages allaient trouver une forme de consolation, ou se remettre à vivre.

Cependant, une partie des spectateurs, dont je fais partie, s’est retrouvé dans la façon dont la série était ficelée, et n’avait eu aucun mal à adorer la série pour ce qu’elle était : une variation sur les affres humains, une observation minutieuse, au microscope, de la douleur dans son état le plus brut. J’avais été laissée à bout de souffle à la fin de la saison, sans réponses, mais je savais que The Leftovers n’était pas une série qui avait pour vocation de donner des réponses, mais plutôt de sonder infiniment la question, et surtout, à l’annonce du renouvellement par HBO pour une seconde saison, je trépignais à l’idée de retourner sur place, persuadée que Mapleton n’avait pas encore livré tous ses secrets.

Quelle ne fut pas ma surprise lorsqu’au début de l’année les équipes ont annoncé qu’ils opéraient un presque re-boot. Surprise, et malaise, aussi, parce que je ne savais pas si j’allais retrouver ce coeur, malade, certes, mais tellement battant qui avait rendu la première saison si particulière. J’attendais avec une impatience teintée de peur le premier épisode, croisant simplement les doigts pour que cela reste la série que j’avais tant aimée.

 

Durant l’été, lors de la diffuson du premier trailer, j’avais compris assez rapidement que l’esprit de la série résidait dans ses acteurs et ses créateurs, et que l’angle de vue allait être différent mais probablement tout aussi fascinant.

 

La saison 2 passe à autre chose après la fin chaotique du dernier épisode, et se recentre sur Jarden, au Texas, rebaptisée Miracle car la ville a été entièrement épargnée et n’a connu aucune disparition, rendant la population locale particulièrement méfiante du reste du monde, et donnant à ce reste du monde l’envie irrepressible de venir s’y mettre à l’abri.

Dès les avant-premières pour la presse, le ton de celle-ci, que j’attendais extrêmement dur et critique, a diamétralement changé par rapport à celui utilisé pour reviewer la première saison. De noirceur absolue qui pesait sur le spectateur, ils se sont tous accordés sur le fait que la deuxième saison permettait à la série de devenir un des meilleurs drames jamais crée par HBO, et que la lumière perçait enfin au travers des nuages, donnant un résultat largemment au delà des attentes. J’étais ravie, mais sceptique, gardant en mémoire ma peur panique que la formule n’ai complètement changé.

Rien que le générique démontre clairement que le fossé entre les deux saisons est immense, mais, étrangement, il m’a convaincue de suite. Peut-être parce que la grandiloquence de celui de la première saison me faisait presque peur, a vrai dire. Jugez pour vous-même…

Saison 1

Saison 2

La scène d’ouverture prend tout le monde à revers. Pas de Kevin, pas de Nora, de Jill, de Tom ou de Matt, mais une tribu primitive à l’ère du feu, et une femme enceinte qui se retrouve privée de sa tribu, ensevellie sous une chute de pierres, et met au monde son enfant seule, avant d’être mordue par un serpent et de laisser le nouveau-né à la merci des prédateurs en mourant. L’enfant est finalement récupéré par une autre femme d’une autre tribu, qui ne fait pas grand cas du cadavre de la mère. Aussi étrange que soit cette scène, et sans sens, elle s’inscrit étrangement dans la logique de la série, sans vraiment que je n’ai pu mettre le doigt sur le pourquoi du comment. Dans un mouvement fluide, la caméra s’oriente vers le 21eme siècle, et sur un groupe d’adolescentes qui chahutent dans le fleuve qui vient de voir mourir la jeune mère. On fait alors connaissance avec Evangeline « Evie » Murphy, qui vit a Miracle avec ses parents, et chez qui, tout va apparemment bien. La mère et la fille plaisantent en tentant de réveiller le père qui a le sommeil profond, tout le monde se retrouve à la table du petit déjeuner, il n’y a aucun conflit visible chez les Murphy.

Cependant, et même dans la relative platitude des gens heureux, l’écriture et les nouveaux acteurs-dont la géniale Regina King, vue dans The Strain-reste similaire à l’esprit Leftovers : fluide, abrupte, connectée aux émotions les plus infimes des personnages. L’emprunte de la série reste la même, en dépit d’un changement de générique, de ville, de famille, d’acteurs, de codes.

Pari risqué mais payant, le premier épisode se concentre presque exclusivement sur les Murphy et sur l’état de presque siège dans lequel vit Miracle. On découvre une ville dans laquelle la religion est très présente, certains persuadés qu’il faut remercier dieu, et dans laquelle un habitant hirsute vite en haut d’une colonne, nourri au bon vouloir des habitants qui semblent lui vouer une forme de culte silencieux. Les visiteurs sont équipés de bracelets qui ne sont valables qu’une journée, et sont triés sur le volet, et n’entre à Miracle que celui qui suit un protocole strict. Le cadre est étouffant, anxiogène, et l’apparente sympathie des locaux cache en fait presque plus de mystères et de gens torturés qu’il n’y en avait à Mapleton. John, le père, rend visite à une connaissance qui prétend lire le futur dans les lignes de la main, et n’est pas sans rappeler Wayne dans la première saison, se faisant payer pour prendre une emprunte et décrypter le destin des gens. Lorsque John se prête au jeu, il lui est dit qu’un malheur va s’abattre sur sa famille, et la réaction de celui-ci est sans ambiguité : il quitte la maison, et revient, le soir venu, avec son équipe de pompiers, pour mettre feu à la maison et chasser son habitant, pas seulement de chez lui, mais de la ville aussi. Venu se faire soigner auprès d’Erika Murphy, l’indésirable ne suscite aucun étonnement chez elle lorsqu’il confie les activités de son mari. A Miracle, visiblement, on fait justice soi-même, et John Murphy n’en tire aucune mauvaise conscience.

Ce seul mystère parvient a nous faire tisser des liens avec cette nouvelle version de la série, et les secrets de la famille Murphy deviennent presque aussi communs que s’ils étaient ceux des personnages qu’on a eu une saison complète pour découvrir. A l’église, une église pleine comme un oeuf, le pasteur actuel, prenant un congé maladie pour se faire opérer, cède sa place à son remplaçant temporaire, qui n’est autre que Matt Jamison, et, accessoirement, le premier personnage de la première saison qu’on retrouve enfin. Tentant un discours inspiré sur l’état de sa femme qu’il essaie de qualifier de miracle, il est coupé court dans son discours, laissant une sensation diffuse de gêne, comme si les propos pourtant inspirés de Matt ne gênaint l’auditoire. La couleur de peau de celui-ci renforce encore cette impression, seul blanc parmis un auditoire noir. L’inversion raciale, plaçant la supériorité tant numérique que psychologique sur les noirs, et faisant d’un blanc l’étranger à la communauté offre une critique cinglante de l’amérique d’aujourd’hui, le tout sans avoir même dit un mot.

Trouvant une tarte sur sa terrasse, John surprend l’arrivée de nouveaux voisins, chose qui semble rarissime à Miracle, qui ne sont autre que Kevin, Nora, Jill, et la petite Lily, fille de Wayne que Tom a protégé du mieux qu’il le pouvait durant la première saison. Invités à un barbecue de bienvenue, on apprend des Murphy qu’ils n’ont pas d’amis, et que John a fait de la prison, ce qui renforce encore le mystère autour du personnage. Epileptique, Evie fait une crise d’absence, mais cela ne jette pas forcément de froid apparent sur les relations entre voisins. Plus tard dans la soirée, sortie avec des amies, Evie ne rentre pas, et un tremblement de terre réveille ses parents, qui s’aperçoivent alors de sa disparition. Et, arrivé au lac où elle a ses habitudes, alors que la voiture de ses amies est encore chaude et la musique encore allumée, John s’aperçoit que l’eau du lac a disparu, tombée dans une vaste crevasse qui s’est creusée après le tremblement de terre. Le premier épisode se termine sur la vision chaotique du lac asséché, et des poissons deshydratés qui bougent encore sur fond de cris desespérés du père de famille.

Quand le générique a coupé, presque violemment, la scène, je suis restée un long moment à contempler les noms défiler sur mon écran, complètement retournée. C’était comme regarder une série totalement nouvelle, sans pour autant avoir jamais perdu mes repères visuels et la finesse de l’écriture. Les Murphy avaient déjà gagné mon coeur, et leur mystère me semblait pouvoir alimenter a lui seul une saison entière. Cependant, c’était bien Kevin et Nora qui m’avaient intrigués, et les changements manifestes chez les personnages : Kevin semblait apaisé, Nora était heureuse, et la crise d’adolescence de Jill semblait lui avoir complètement passé. La petite Lily avait vraisemblablement servi de ciment à cette nouvelle famille, à qui il manquait toujours Tom, et, d’une façon ou d’une autre, Laurie.

J’attendais donc avec impatience le deuxième épisode, histoire de voir comment la saison allait se lancer après le premier épisode, qui est toujours un peu différent du reste puisqu’il énonce de quoi la saison sera faite.

Pour le coup, le deuxième épisode renoue ses connexions avec la première saison, et nous permet de suivre l’existence de Kevin et Nora pile juste après le moment où Nora trouve Lily devant la porte de chez Kevin. Jill est déjà transfigurée, passée de l’ado en conflit avec le monde à la jeune femme mature et responsable, et quand Nora propose à Kevin d’habiter en permanence ensemble, celui-ci rétropédale en lui disant qu’elle ne sait pas tout de lui. Téméraire, Nora l’invite alors à vider son sac. Ce que Kevin va faire, et littéralement : il avoue toute la situation avec Patti. Nora, impassible, lui retorque qu’elle engage des prostituées pour se faire tirer dessus. Le génie de la scène réside dans le fait que d’un côté comme de l’autre, la bizarrerie commune ne gène personne. Même Jill ironise sur la situation.

Kevin, qui commence a montrer des signes d’hallucinations qu’il fait taire à grand coup de musique à fond, et Nora, adoptent la petite Lily après une formalité administrative relativement simple, et pour fêter ça, Kevin va deterrer le corps de Patti, le charge dans son pickup, et se fait déliberement arrêter par la police locale, avouant sans detour le contenu du coffre. Libéré sans aucune charge retenue contre lui, sous sa seule confession que Patti s’est suicidée et que personne ne va venir la pleurer, Kevin retrouve la maison et son père, libéré de l’asile parce que complètement guéri. Plus tard, en sortant le chien, le père confie au fils que sa guérison n’est due qu’au fait qu’il s’est mis à obéir aux voix dans sa tête. La soirée se termine au restaurant, où ils arrivent à la conclusion qu’il leur faut quitter Mapleton définitivement. Entre temps, Kevin a commencé à avoir des hallucinations particulièrement précises, puisqu’il voit le fantôme de Patti, qui semble n’avoir aucune animosité envers lui, et lui demande seulement de lui parler. Ce à quoi Kevin répond en enfonçant ses écouteurs profondément sur ses oreilles, ignorant du mieux qu’il le peut la présence. Visiblement, il va mieux, il ne semble plus faire ses crises de somnanbulisme si étranges de la première saison.

Jill rencontre son frère dans un restaurant, et, malade, Tom tente de prendre des nouvelles de sa soeur et de Lily, à qui il a fait promettre à Jill de ne jamais révéler la provenance. Il lui glisse un message de la part de Laurie, que Jill déchire et refuse de lire, mais Tom lui laisse tout de même les deux morceaux du courrier. Alors qu’il dit à Jill que pesonne ne va bien, une larme coule sur le visage de la jeune femme, lui assurant qu’au contraire, elle va bien, et Nora va bien, et qu’ils vont bien. Impossible de savoir si Tom croit sa soeur, puisqu’il quitte le restaurant, retrouvant Laurie qui l’attendait sur le parking. Mère et fille échangent un regard vide, sans expression.

De son côte, Nora reçoit une offre pour l’achat de sa maison, quatre fois supérieure à sa valeur. Lorsqu’elle rencontre les futurs occupants, elle s’aperçoit que ceux-ci veulent s’installer chez elle spécifiquement pour comprendre ce qui est arrivé lors des disparitions, et que la valeur de sa maison ne vient que du fait que son mari et ses deux enfants ont disparus en même temps. Piquée au vif, alors qu’on lui dit qu’ils ne viennent pas enquêter sur l’endroit où ils sont, mais sur comment c’est arrivé, elle apprend alors qu’une théorie commence à se dessiner, comme quoi les disparitions seraient géographiques. Elle n’était pas à table au moment où ils ont disparus, forçant Nora a envisager que si elle l’avait été, elle aurait elle aussi disparu. Plus inquiétant, le professeur du MIT lui dit alors que rien ne permet de croire que cela ne va pas recommencer. La terreur la plus absolue de perdre cette nouvelle famille se lit immédiatement dans ses yeux, déclic qui justifiera son comportement plus tard.

C’est là qu’ils arrivent tous les quatre à Miracle, et se rendent compte que l’entrée dans la ville est extrêmement selective, et qu’un camp de migrants en attente de permis de séjour s’est établi. Découvrant qu’il leur faut laisser le chien en quarantaine et que la maison pour laquelle ils ont laissé une caution de 50 000 dollars a brûlé, Nora surprend une vente aux enchères et achète une maison sur un coup de tête pour 3 millions. Passant la première nuit dans le jardin de Matt, elle se rend compte que l’endroit où vit son frère et Mary n’est autre qu’un vague garage à peine aménagé, dont Matt se satisfait pleinement, mais qui fait peine à voir. La maison si chèrement acquise est grande, mais en mauvais état, ce qui ne semble gêner ni Jill ni Nora, mais prend Kevin au dépourvu, tant et si bien qu’il manque de se blesser gravement en tentant d’allumer le gaz pour pouvoir fumer une cigarette, réalisant que Patti ne va pas le quitter si facilement. La soirée entre voisins révèle plus d’animosité entre Kevin et John qu’il n’y paraît, et une dispute entre Kevin et Nora qui s’apaise rapidement.

Ce n’est qu’à la fin de l’épisode qu’on tire un trait d’union entre Evie et Kevin, puisqu’il se réveille a moitié noyé, dans le lac vide, une corde nouée à son pied et a une brique. Visiblement, le tremblement de terre a sauvé la vie de Kevin, qui ne se souvient pas de ce qu’il a fait, ni de si il est à l’origine de tout cela. Kevin Garvey a-t-il tenté de se suicider ? Sans aucune réelle explication, alors que John et son fils arrivent pour tenter de trouver Evie, Kevin se cache, avec, à ses côtés, Patti qui ne le lâche plus d’une semelle.

Et voilà sur quoi le second épisode se termine.

La tension présente dans la seconde partie du premier épisode et tout le second rend l’expérience en tant que spectateur-en tant que fan-plus intense encore que lors de la première saison. L’intensité de la première saison venait des émotions et de la noirceur ambiante, ici, elle vient de la façon dont Miracle est oppressante, claustrophobe, presque, et des problèmes que la ville a en dépit de son état relatif d’épargnée. Les relations entre les personnages, bien que nettement moins problématiques, demeurent extrêmement puissantes et palpables, et la façon dont Kevin, Nora, Jill et Matt ont évolué est génialement écrite : ils ont changé, et restent pourtant absolument fidèles et conformes à la première saison. Ce qui prouve, une fois encore, que Tom Perrotta et Damon Lindelof les maitrisent à un degré nettement supérieur que ce qu’on soupçonnait depuis le pilote.

Il y a, effectivement, beaucoup plus de lumière dans ces premiers épisodes. Les conflits n’ont pas disparu, le poids des disparus non plus, critallisé par la trouille viscérale qu’à Miracle du reste du monde, mais tout est vraiment lancé dans la logique du « move forward », d’avancer à tout prix. Ce qu’il y avait de plus puissant dans The Leftovers, la façon d’embrasser tous les sentiments, bons comme mauvais, a été conservé et a muté en quelque chose de plus palpitant encore, de plus logique et de moins logique tout à la fois, et les résolutions futures promettent une saison qui relance les dés et propose un jeu neuf sur les cendres fumantes de ses défauts, et un destin qui reste solidement ancré dans la logique des arcs précédents.

En clair : cette saison fait déjà partie des immanquables, et l’experience humaine tend à nous pousser vers huit épisodes à venir qui vont être majestueux. Et c’est tant mieux, The Leftovers mérite amplement l’attention et l’amour qui lui est actuellement porté.

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Cette entrée a été publiée le 14 octobre 2015 par dans GSTS, The Leftovers, USA, et est taguée , , , , , , .
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